Apprendre à l’ère numérique

Après avoir défini les contours d’un modèle de pédagogie ouverte et hybride, je propose aujourd’hui d’explorer les grandes ruptures que l’ère numérique provoque en terme d’apprentissages.

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Apprendre avant le numérique signifiait évoluer dans … :

  • UN CADRE SPATIO-TEMPOREL STRUCTURÉ : l’apprentissage est marqué par l’unité de temps et de lieu comme à l’école, influencée par un modèle industriel du XIXè siècle. Cette thèse s’appuie sur l’histoire des modèles éducatifs occidentaux qui se structurent avec l’avènement d’une société qui s’industrialise et se démocratise. Ken Robinson en explique les profondes conséquences dans cette conférence intitulée « Du paradigme de l’éducation« .
  • UN RAPPORT AU SAVOIR CENTRÉ : l’autorité du savoir est entre les mains de l’enseignant qui détient la vérité et la transmet. Son autorité relève de l’expertise et de la reconnaissance qu’on lui porte. Le livre et le manuel en sont les artefacts. Cette idée se fonde sur le modèle séculaire de l’apprentissage qui émerge à l’époque médiévale avec les grandes universités européennes sous la tutelle de l’Eglise chrétienne. Serge Tisseron en explique les conséquences sur nos modèles culturels dans cette émission de La place de la toile.
  • UNE PENSÉE LINÉAIRE : la pensée s’organise selon un schéma linéaire et séquentiel selon un modèle hérité des démonstrations antiques. L’apprentissage est structuré, programmé et communiqué. L’apprenant doit gérer le flot qu’on lui déverse.
  • DES RÉFÉRENCES THÉORIQUES DISPERSÉES : on s’appuie sur des cadres théoriques divers et même parfois opposés pour concevoir les apprentissages.

Apprendre à l’ère numérique signifie désormais évoluer dans … :

  • UN SCHEMA SPATIO-TEMPOREL ÉCLATÉ : apprendre peut se faire n’importe où et n’importe quand par le biais des outils mobiles et des réseaux de télécommunications, on peut dès lors envisager un apprentissage flexible. Pour s’en convaincre, on peut relire le désormais célèbre opuscule de Michel Serres qui évoque ces petites poucettes.
  • UN RAPPORT AU SAVOIR POLYCENTRIQUE : il faut aujourd’hui articuler des autorités dispersées voire en concurrences. On navigue entre des autorités multiples basées sur la recommandation. Les écrans et les moteurs de recherche en sont les artefacts.
  • UNE PENSÉE RÉTICULAIRE : la pensée s’envisage en réseaux et arborescente pour aborder la complexité du monde selon l’influence de la systémique. Apprendre revient à se confronter à l’imprévu et à l’altérité. L’apprenant doit gérer le flux qu’il traverse. Pour aller plus loin, on peut s’appuyer sur la pensée systémique dévoilée dans La Méthode d’Edgar Morin mais également les écrits du prospectiviste Joel de Rosnay.
  • DES RÉFÉRENCES THÉORIQUES GLOBALES ET INTÉGRÉES : on s’appuie sur des cadres théoriques qui s’articulent pour concevoir un écosystème qui favorise l’apprenance définie par Philippe Carré.

97 réflexions sur “ Apprendre à l’ère numérique ”

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